Région parisienne : stabilité des transactions dans l'ancien, sans véritable accalmie sur les prix
Avec 55.280 ventes, tous biens confondus (appartements, maisons individuelles, parkings, immeubles, terrains, etc.), contre 55.151 un an plus tôt, le marché immobilier francilien a connu une stabilisation de son activité (+0,2%) au 1er trimestre 2005. Avec, toutefois, des évolutions contrastées selon les zones géographiques. Si le volume de transactions a progressé de 4,2% à Paris, il a fléchi de 0,8% en petite couronne et de 1,2% en grande couronne. De même, la stabilité masque le dynamisme des ventes des appartements anciens (+2,1%) et, dans une moindre mesure, la vitalité du marché... des garages (+14,7%). Tous les autres compartiments du marché immobilier francilien affichent des baisses, allant de 1,2% pour les maisons anciennes à 11% pour les immeubles entiers, en passant par les chambres de services (-1,3%), les maisons neuves (-4,7%), les appartements neufs (-5,8%) et les terrains (-7,8%).
Ces évolutions sont cependant à nuancer. Si la hausse des ventes des appartements anciens et des garages et la baisse des transactions de maisons individuelles neuves se vérifient, peu ou prou, sur l'ensemble des départements, l'activité d'autres segments évolue différemment selon les zones. Tel est le cas, notamment, des appartements neufs dont les ventes régressent à Paris (-17%) et dans les départements de la petite couronne (-14%), mais progressent en grande couronne (+6,7%), exception faite du Val-d'Oise (-35,9%). Lequel Val-d'Oise (+5,9%), avec la Seine-et Marne (+4%), sont les seuls départements à enregistrer une hausse de la commercialisation des maisons anciennes, dont l'activité s'effrite en petite couronne (-0,9%) et le reste de la grande couronne (-1,4%). Enfin, le recul des transactions de terrains, qui touche l'ensemble des départements de la grande couronne (-10,9%), épargne la petite couronne (+6,7%), à l'exception notable de la Seine-Saint-Denis (-25,5%).
Quant à la hausse des prix, elle est toujours d'actualité. La progression des valeurs, qui s'était calmée au 4ème trimestre 2004, s'est stabilisée mais à des niveaux élevés à Paris et en grande couronne. En revanche, la hausse a repris de la vigueur en petite couronne (+4% sur un trimestre), dans tous les départements : Hauts-de-Seine (+3,6% sur le premier trimestre 2005 contre +2,1% au 4 ème trimestre 2004), Seine-Saint-Denis (+5,3% contre +3,9%) et Val-de-Marne (+4%, contre +1,5%). Dans l'ancien, la hausse moyenne des prix des appartements est de 14,5% à Paris sur un an, de 16,20% en petite couronne, de 17,30% en grande couronne. La hausse annuelle moyenne des prix des maisons anciennes est de 15,90% en petite couronne, de 13,40% en grande couronne. Les ménages font des arbitrages
«La demande reste soutenue en dépit d'une augmentation continue des prix des logements», constatent les notaires parisiens. «Mais la solvabilité s'essouffle comme en témoignent les premiers refus de prêts que se voient opposer par les banques des ménages franciliens». Pour passer à l'acte, les candidats à l'accession à la propriété doivent plus que jamais arbitrer entre un logement plus petit situé à proximité de leur lieu de prédilection et un plus grand dans un autre quartier ou dans une commune plus éloignée. Ainsi, entre 2000 et 2005, le pourcentage des acheteurs, originaires de Paris, est passé de 26% à 30% à Issy-les-Moulineaux, de 27% à 37% à Montreuil, de 7% à 10% à Versailles. On assiste, ainsi, à des transferts de Paris vers la banlieue ou d'une banlieue vers une autre. Le seul point positif pour les acquéreurs est le faible niveau des prêts à taux fixe et à taux variable. Aujourd'hui, il est, en effet, possible d'emprunter à 3,50% hors assurance.
Les tendances actuelles ne semblent pas remettre en cause les deux grandes observations qui continuent de se dégager du marché immobilier en région parisienne :
- un haut niveau d'activité qui ne se dément pas causé par une insuffisance de l'offre des logements dans cette région (le déficit annuel serait de plus de 20.000 logements),
- une hausse des prix continue de l'ordre de 15% sans ralentissement prévisible, sauf désolvabilisation des ménages.
A défaut de pouvoir apporter une réponse, les professionnels continuent de se demander : «Quand le marché va-t-il s'assagir ?». |